Fiat Jam 36 - Noël 2007
De Fiatpédia.
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- Date
- 25 décembre 2007
- Lieu
- L'Arlequin, Québec
Sommaire |
Line-up
(Silvertone a dû annuler...)
L’IMAM BOOGIE LANCE UN « FATWA » CONTRE LE « PEU RÉVÉREND » ABBÉ BLUES !
REBONDISSEMENT SPECTACULAIRE SUITE À L’ATTAQUE SOURNOISE MENÉE CONTRE L’INTERSTELLAIRE FIAT JAM DE NOËL !
vendredi 21 décembre 2007, par Imam Boogie
Je n’en reviens pas encore. Dans mon désarroi, j’ai consulté des chauffeurs de taxi au Carré d'Youville. Eux aussi étaient surpris ; ils m’ont suggéré de réagir avec force à cette rupture de la trêve sur le front religieux dans le Vieux-Québec.De quoi s’agit-il ?
Je parle évidemment de la charge sournoise et ambiguë, lourde de menaces à peine voilées, que l’Abbé Blues a dirigée la semaine dernière contre Bigue Nique et Fiat Lux. Le Vieux-Québec redeviendra-t-il un champ de bataille idéologique et religieux ? En tout cas, le très peu révérend Abbé Blues jette de l’huile sur le feu et cette huile n’est pas sainte.
Un vent réactionnaire souffle sur notre ville depuis que Monseigneur Marc Ouellet est devenu archevêque de Québec. Ce qui n’a pas manqué, on s’en doute, de conforter l’Abbé Blues dans ses opinions rétrogrades. Mais, cette fois-ci, en dénonçant l'interstellaire Fiat Jam de Noël à l'Arlequin, le curé de droite a dépassé les bornes. Comme il le disait autrefois, ses burettes débordent, à moins qu’il ait sniffé trop d’encens dans la sacristie de sa chapelle Notre-Dame-du-King !
On peut en rire, mais l’affaire est sérieuse. D’autant plus que l’Abbé Blues n’a pas hésité à remuer les braises après sa sortie incendiaire. On l’a entendu à la radio pirate de Jeff Fillion qui émet à partir de la Zone Tribale du Cyberistan. Tout guilleret, Fillion avait l’air bien content d’en découdre avec la « gauche » Fiat Lux… L’Abbé Blues a surenchéri et déclaré que, dans le Vieux-Québec comme dans le reste du Monde, le communisme, l’écologisme et l’islamisme joignaient leurs forces pour réduire l’humanité en esclavage, détruire l’Église catholique et, véritable Armageddon selon lui, bannir Elvis des ondes à la grandeur de la planète.
L’Abbé Blues est-il devenu parano ? En tout cas, il mène une guerre sainte. C’est le jihad ! Il a commis l’erreur de mêler l’Islam à cette histoire purement locale et musicale : le Fiat Jam. Malgré mon pluralisme et mon esprit de tolérance, je me dois, à titre d’Imam, de défendre ma sainte religion et de protester solennellement contre les propos sectaires et irresponsables de ce prêtre rock’n’roll « d’extrême droite ».
Je lance donc un « fatwa » contre l’Abbé Blues, le sommant de se rétracter dans les trente (30) jours qui suivent. L’Abbé Blues devra faire amende honorable à l’Islam sinon les démons de l’enfer lui tisonneront les pieds pendant toute l’éternité !
Le Vieux-Québec et toute la Haute-Ville [1] espèrent vous voir revenir à de meilleurs sentiments.
Notes
[1] et, j’en suis sûr, Sœur Love-Me-Tender aussi. Malgré sa carrure de lutteuse de foire et sa grosse voix de bûcheronne, cette religieuse-travailleuse de rue a un cœur d’or ! La meilleure preuve ? Son directeur spirituel, c’est l’Abbé Blues. Cet incommodant déraisonnable….
Les sapins, New York, le Fiat Jam de Noël et l'Arlo...
Dans l’angoisse d’un monde définitivement engagé dans une phase de compression sur lui-même, rester cool n’aura jamais représenté un aussi grand défi.
Si le souvenir de votre Noël le plus cool ne vous ramène pas aussitôt dans l’enceinte de l'Arlequin, il y a fort à parier que vous n’avez jamais vécu un des 3 Fiat Jam de Noël qui ont eu lieu chaque 25 décembre de 2003 à 2005 à ce légendaire débit de boisson de la rue Saint-Jean.
Back in décembre 2006 : J’étais au beau milieu de Time Square, lorsque j’apprenais que l'Arlequin venait de fermer définitivement ses portes. Un mois et demi plus tôt, dans la hâte de mon départ pour New York, j’avais dû annuler, bien à contre cœur, le Fiat Jam de Noël 2006 qui devait encore s’y tenir, trahissant ainsi un événement qui n’en demandait pas plus pour s’établir en tant que tradition. Cette nouvelle eut sur ma géopolitique cérébrale personnelle le même effet qu’un World Trade Center s’écroulant avec fracas. C’était tout un pan de ma vie qui passait, officiellement avec l'Arlequin, au cimetière de l’Histoire.
Noël, cette année-là, fut le pire de toute ma vie…Dans quelque minuscule chambre d’hôtel de la 49e Rue avec, dans un coin, le dernier sapin, le plus minable, ramené du kiosque où nous venions de passer un mois entier à vendre ces arbres; sur le lit, notre imposant butin étalé en petites coupures U.S.... La scène, pourtant, était des plus pittoresques.
Le soir du 25, je guidai mes deux comparses vers le Village. On peut aisément imaginer que trois jeunes hommes qui, tout juste libérés d’un mois entier de camping urbain à cohabiter dans un petit camion sans aucune commodité, se retrouvent enfin, fraîchement rasés, au cœur de New York, un soir de Noël avec, en poche, plusieurs milliers de dollars, puissent avoir envie de s’éclater. Mon flair, guidé par quelque représentation idéalisée, empruntée à un film relatant les effusions festives des années ’70 au cœur de Greenwich au 25 décembre, m’avait irrémédiablement trahi…Il ne se passait rien.
Les rues que nous parcourions en zigzaguant d’ouest en est sous la pluie froide, étaient vides. Les seuls commerces ouverts que nous rencontrions étaient des épiceries de quartier, des tavernes occupées par quelques vieux croûtons et des guichets automatiques. Pas le moindre fragment de fête ne se déchaînait à des milles à la ronde.
Jusqu’à l’Avenue B, un ultime désert de désolation sur lequel mes pieds détrempés restèrent longtemps immobiles après des heures à parcourir les rues abandonnées dans une stupéfaction totale. La pluie tombait en même temps que mes illusions sur cette avenue que j’avais cru constituer l’épicentre d’un hype qui n’existait vraisemblablement plus.
Dans le taxi, sur le chemin du retour vers l’hôtel, je regrettais amèrement d’avoir dû annuler le Fiat Jam de Noël, faute d’avoir eu le temps nécessaire pour tout préparer à l’avance, débordé que j’étais par des contrats à terminer avant mon départ précipité pour New York. Ç’eût pourtant été techniquement possible; j’aurais pris l’avion à New York dans la nuit du 24 et serais arrivé à Québec à temps pour les soundtracks, encore tout imprégné de l’odeur des sapins baumiers. Peut-être alors, Michel aurait retardé sa décision de fermer son bar. Aucun de nous trois ne s’adressa la parole jusqu’au lendemain.
Je connais des gens qui renient l’esprit de Noël en argumentant que cette noble tradition ne sert plus qu’à des fins commerciales. Je trouve le raisonnement douloureux. C’est l’aliénation par la négative. L’amertume ne devrait pas nous faire oublier qu’il n’y a rien de plus beau que l’esprit de Noël, abstraction faite de toute élaboration commerciale. C’est cet esprit qu’il faut sauver, qu’il faut retenir et insuffler abondamment en chaque personne et pas seulement au jour de Noël. C’est en ce sens que je décrétai, le 25 décembre 2003, lors du premier Fiat Jam à l’Arlequin, que Noël serait dorénavant à l’année, tel que ce devrait être, le jour de Noël n’étant ni plus ni moins qu’une occasion de commémorer cet esprit.
Les 30 Fiat Jams qui suivirent à l'Arlequin s’articulèrent (presque) toujours en conformité avec cet esprit, dans un climat d’ouverture où chacun, qu’il soit grand ou petit, riche ou pauvre, homme ou femme, jeune ou vieux, noir ou blanc, de gauche ou de droite, pour ou contre, poète, punk, ouvrier, fonctionnaire, ancien militaire, clochard, handicapé, alcoolique, homosexuel, ou caissier de dépanneur, pouvait trouver sa place sans craindre d’être jugé. Je n’ai réalisé que récemment toute la valeur - qui n’a rien de commercial - de ce que j’ai accompli au cours de ces années. Rares sont les évènements qui rassemblent de telles conditions, qui permettent aux différences de s’exprimer avec autant d’authenticité. Beaucoup de gens l’ont apprécié… et y ont été appréciés.
J’ai fait des choix, par la suite, qui m’ont amené à abandonner le Fiat Jam. Je me suis laissé porter par l’ambition et la quête du succès. Mais, bien vite, la vie m’a ramené à l’essentiel. Aujourd’hui, si j’avais l’occasion, je recommencerais l’expérience Fiat Jam sans la moindre hésitation.
Nous sommes donc fiers de pouvoir vous offrir l’ultime occasion de remettre ça et, par le fait même, une dernière chance de gravir les marches du seul escalier de Québec qu’on monte en ayant l’impression de descendre… aux Enfers du plaisir(oups!un mot de trop de la dactylo??!!)
JOYEUX NOËL !

